295. Hablando estaba la Reina
Complainte du début de la Renaissance, Espagne. Anonyme (~1490).
Ce chant en espagnol, qui rapporte la mort du jeune prince Afonso du Portugal (1475-1491), est présent dans le recueil « Chansons du XVe siècle » par Gaston Bruno Paulin Paris; présenté au côté du célèbre Réveillez-vous Picards, il s’agit d’un des seuls chants étrangers dans ce recueil francophone.
Ay, ay, ay, ay! que fuertes penas!
Ay, ay, ay, ay! que fuerte mal!
1. Hablando estaba la reina
En su palacio real,
Con la infanta de Castilla,
Princesa de Portugal.
Ay, ay, ay, ay!...
2. Allí vino un caballero
Con grandes lloros llorar:
"Nuevas te traigo, señora,
Dolorosas de contar.
Ay, ay, ay, ay!...
3. Ay! No son de reino extraño
De aquí son, de Portugal.
Vuestro príncipe, señora,
Vuestro príncipe real,
Ay, ay, ay, ay!...
4. Es caido de un cavallo
Y l'alma quiere a Dios dar;
Si le queredes ver vivo,
Non querades detardar."
Ay, ay, ay, ay!...
5. Allí está el rey su padre,
Que quiere desesperar.
Lloran todas las mujeres,
Casadas y por casar.
|: Ay, ay, ay, ay! que fuertes penas!
Ay, ay, ay, ay! que fuerte mal! :|
English translation:
Oh, oh, oh, oh! What great sorrow! Oh, oh, oh, oh! What great sorrow! The queen was speaking, in her royal palace, with the Infanta of Castile, Princess of Portugal. There came a knight wheezing loudly: « I bring you news, lady, painful to tell. They are not from a foreign kingdom, they are from here, from Portugal. Your prince, lady, your royal prince, he has fallen from a horse and his soul wants to give to God; If you want to see him alive, do not delay. » There is the king, her father, wanting to despair. All the women cry, both the married ones and the ones to marry.
Traduction en français:
Oh, oh, oh, oh ! Quelles grandes peines ! Oh, oh, oh, oh ! Quelle grande douleur ! La reine parlait, dans son palais royal, avec l’infante de Castille, princesse de Portugal. Un chevalier arriva, haletant bruyamment : « Je vous apporte des nouvelles, madame, douloureuses à annoncer. Elles ne viennent pas d’un royaume étranger, elles viennent d’ici, du Portugal. Votre prince, madame, votre prince royal, est tombé de cheval et son âme veut se donner à Dieu ; si vous voulez le voir vivant, ne tardez pas. » Le roi, son père, est là, désespéré. Toutes les femmes pleurent, celles « casées » (mariées) comme celles à caser.
Source:
Paroles: PARIS Gaston, Chansons du XVe siècle, BNF Gallica p.167/292, N° 137
Partition: PARIS Gaston, Chansons du XVe siècle, BNF Gallica p.281/292, N° 137
