210. O Jogador de Dados

Chant médiéval en langue galaïco-portugaise. Tiré des Cantigas de Santa Maria (n° 163), attribuées à Alfonso X « El Sabio » (1221-1284).

(Ref.)
Póde por Santa María
O ma_o perdê-la fala,
E ar, se se ben repente, 
Per ela póde cobrá-la.

1.
E desto fez un miragre 
A Virgen Santa María
Mui grand’ en Ósca, dun hóme 
Que ena tafuraría
Jogara muito os dados 
E perdera quant’ havía;
Poren descreeu na Virgen, 
Que sól non quis receá-la.
(Ref.)

2.
Tanto que est’ houve dito, 
Foi de séu córpo tolleito
Polo gran mal que disséra, 
E par Déus, fo_i gran dereito;
E lógo perdeu a fala, 
Ca Déus houve_ del despeito,
Que lla tolleu a desora, 
Como se dissésse: “cala!”
(Ref.)


3.
Assí esteve gran tempo
Que dalí non se mudava,
E a cousa que quería
Per sinaes amostrava;
E desta guisa a Salas
Dalí levar-se mandava,
E déu-ll’ a lingua tal sõo
Como fógo que estala.
(Ref.)

4.
E catando a omagen,
Chorou muit’ e falou lógo
E diss’: “Ai, Santa María,
Que me perdões te rógo,
E des aquí adeante,
Se nunca os dados jógo,
A mia_ lingua_ seja presa,
Que nunca quéras soltá-la.”

5.
Lógo que est’ houve dito,
Foi de todo mui ben são,
E quantos aquesto viron
Loaron porên de chão
A Virgen Santa María;
Eaquel foi bon crischão
E des alí ade_ante 
Punnou sempre_ en loá-la.

|: (Ref.) :|

Traduction en français:

Par Sainte Marie, le mécréant (le méchant) peut perdre l’usage de la parole mais, s’il se repent correctement, il peut aussi la retrouver grâce à elle.

A ce propos, la vierge Sainte Marie accomplit à Huesca (ville espagnole) un puissant miracle, sur un homme qui, dans une maison de jeu, Joua beaucoup aux dés et finit par perdre tout ce qu’il possédait ; Pour cela, il renia la Vierge et refusa de lui accorder son respect* (la craindre).

A peine eut-il dit cela, que son corps fut paralysé pour les mauvaises paroles prononcées, et par la grand justice de Dieu. Et ensuite, il perdit l’usage de la parole, car Dieu qui était dépité, lui ôta, soudainement, comme pour lui dire: “Tais-toi ! ”.

L’homme resta longtemps ainsi, sans bouger de l’endroit ; Et s’il voulait quelque chose, il faisait des signes pour le demander ; Et de cette même façon, à Salas il demanda qu’on l’emmène, 0ù il fit avec sa langue des sons plus forts que le feu qui crépite.

Et regardant l‘image* (la statue) de la vierge, il pleura beaucoup avant de dire : “Aïe, Sainte Marie, je te supplie de me pardonner, et si, à partir de maintenant, je jouais à nouveau aux dés, que la langue me soit prise et que jamais tu ne veuilles me la rendre !”

Après qu’il eut dit cela, il fut parfaitement guéri, et quand ceux qui étaient là, le constatèrent, ils louèrent ouvertement La Vierge Marie; et dès lors cet homme fut bon chrétien, et à partir de ce moment, il s’efforça toujours de la louer.

Source: https://www.moyenagepassion.com/index.php/2023/08/07/le-miracle-de-la-cantiga-de-santa-maria-163-et-du-joueur-de-des/

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